Jean-Thomas Trojani : Autre indicateur d’alerte, la dynamique des coûts unitaires

Même dans le monde patronal, c’est du débat participatif que se nourrissent les projets et se tirent les plans pour bâtir de solides fondations. Or il existe des personnes, au nombre desquelles, je dois le croire, se trouve le lecteur, qui, dès qu’elles verront que l’une de leurs croyances est déterminée par quelque circonstance en dehors de la réalité, admettront à l’instant même et non pas seulement des lèvres que cette croyance est douteuse, mais en douteront réellement, de sorte qu’elle cessera d’être une croyance. D’autant que, dans la mondialisation des échanges, nous devons accepter de payer le prix de notre liberté d’entreprendre tout faisant face à de nouveaux droits et à de nouvelles concurrences. D’où pour l’euro un autre face-à-face, cette fois-ci avec le yuan chinois, pour l’instant arrimé au dollar et qui, par ricochet, aurait à s’apprécier. Paris et la province sont fort satisfaits. Mais, si telle qualité persiste dans telle espèce de corps, et y résiste à toutes les altérations qu’ils peuvent d’ailleurs subir, nous devrons la regarder comme plus fondamentale que celle qui est commune à un plus grand nombre de corps spécifiquement différents, quoiqu’elle ait moins de persistance dans chacun d’eux en particulier. Il ne peut donc y avoir de politique active de change de l’euro ; ni dépréciation ni dévaluation. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler cette maxime de Gandhi, »Etre en retard est un acte de violence ». Mais toujours nous retrouvons les deux séries indépendantes, et toujours la coïncidence partielle. Il ne faut donc pas cloisonner mais multiplier les occasions de rencontres et d’échanges. En effet, la vue de l’esprit, dans le jugement analogique, porte uniquement sur les rapports et sur la raison des ressemblances : les ressemblances sont de nulle valeur dès qu’elles n’accusent pas des rapports dans l’ordre de faits où l’analogie s’applique. Améliorer la circulation de l’information et non pas la brider. Laisser tomber le complexe du dirigeant de PME face à une nomenklatura qui n’est plus à la page. Imaginez qu’un État mette en place un certain nombre de fonds publics de capital-risque, qui acquerrait une participation au sein d’un important ensemble transversal de nouvelles technologies, levant les fonds nécessaires en émettant des obligations sur les marchés financiers. Il semblait qu’il ne pouvait donner son amitié qu’avec sa vertu. Tous ces moyens de gagner, de « piper » la confiance, comme dirait Montaigne, sont devenus maintenant inutiles. Ces fonds opéreraient selon les principes du marché, et pourraient être contraints de présenter une comptabilité périodique aux autorités politiques (notamment lorsque leur taux de rendement global serait inférieur à un seuil déterminé), étant autonomes à tous les autres égards. Notre raison, incurablement présomptueuse, s’imagine posséder par droit de naissance ou par droit de conquête, innés ou appris, tous les éléments essentiels de la connaissance de la vérité. Il faut donc en venir, pour justifier les restrictions mises aux amusements du dimanche, à dire que ces amusements sont répréhensibles au point de vue religieux, un motif de législation contre lequel on ne peut protester trop vigoureusement. Les marchés financiers des économies développées fournissent ce capital-risque via différentes formes d’arrangements – fonds de placement communs, négociation publique d’actions, capitaux privés, etc. Cela ne changerait donc en rien la compétitivité du prix des produits français par rapport à ceux des autres membres de la zone, dont les produits allemands, puisque le taux de dépréciation serait identique – c’est-à-dire unique – pour tous. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne s’agit pas d’une fatalité.

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